C'est pourquoi l'annonce de deux arrêtés municipaux pris par la commune de Sainte-Rose, interdisant la tenue de cérémonies religieuses hindoues dans des habitations privées, suscite une profonde inquiétude.
Personne ne remet en cause le fait que le respect du voisinage soit indispensable. Les nuisances sonores, les difficultés de circulation ou tout autre trouble doivent être entendus et traités avec sérieux. Vivre ensemble implique des droits, mais aussi des devoirs pour chacun.
En revanche, l'interdiction pure et simple ne devrait jamais être la première réponse lorsqu'il s'agit d'une pratique religieuse profondément ancrée dans notre culture réunionnaise.
Avant de signer un arrêté, pourquoi ne pas privilégier la concertation ? Pourquoi ne pas réunir les organisateurs, les riverains, les autorités et les représentants des cultes afin de trouver des solutions équilibrées ? Des horaires adaptés, un accompagnement des cérémonies, une meilleure organisation ou encore une médiation peuvent souvent permettre d'apaiser les tensions sans remettre en cause une tradition vieille de plusieurs générations.
La liberté de culte est un droit fondamental garanti par la République. Elle doit s'appliquer à toutes les religions, sans distinction. Les pratiques religieuses ne peuvent être appréciées différemment selon le culte auquel elles appartiennent.
À La Réunion, nous avons toujours été un exemple de coexistence entre les différentes confessions. Hindous, catholiques, musulmans, bouddhistes et bien d'autres partagent depuis longtemps ce territoire dans le respect des croyances de chacun. C'est précisément cette diversité qui fait la force de notre île.
Si certaines pratiques doivent évoluer pour mieux respecter le voisinage, cela doit se faire dans le dialogue, jamais dans la stigmatisation d'une communauté ou d'une tradition.
Nos cérémonies ne sont pas seulement des rassemblements religieux. Elles sont l'héritage de nos ancêtres, la transmission d'un savoir, d'une foi, d'une culture et d'une mémoire collective. Les faire disparaître progressivement sous le poids des interdictions reviendrait à effacer une partie de l'âme de La Réunion.
Préserver nos traditions ne signifie pas ignorer les difficultés rencontrées par certains habitants. Cela signifie trouver un équilibre entre le respect des riverains et le respect de la liberté de culte.
Car une société qui dialogue est toujours plus forte qu'une société qui interdit.
Préservons notre patrimoine.
Préservons nos traditions.
Préservons notre identité réunionnaise.
Préservons le vivre-ensemble.
Malbar.fr









