LES RITES FUNÉRAIRES TAMOULS


Rituels souvent inconnu, pourtant il reste important d'avoir une approche sur les rites à effectuer lors du décès d'un proche et aussi bien connaître davantage. Zoom sur les rites funéraires tamouls.


La veillée mortuaire

Selon la coûtume créole, elle se fait toute la nuit suivant le décès. S'il y a un officiant, celui-ci lit un livre spécial : "le Vay Koundonn". Les femmes veillent et prient dans la maison autour du lit du mort. La veuve fait "l'Oparli", à savoir qu'elle parle en pleurant et raconte la vie du mort : "depuis toujours, il m'a nourri, moi et mes 11 enfants. Que vais je devenir?" On pleure, on s'arrète, on repleure...

A l'extérieur, les hommes jouent aux cartes ou aux dominos dans la varangue. On les alimente en café, boissons et cigarettes.

Parfois, des musiciens jouent du narslon et battent du morlon à un rythme spécial.

Le jour de l'inhumation

Les proches qui ont participé à la veillée partent au petit matin se reposer ou ...travailler. Ils reviendront l'après-midi pour l'enterrement.

On met une guirlande de fleurs autour du cou du mort. Dans le cercueil, on rajoute du riz mélangé à du safran-péi,des pièces de monnaie et 9 brins de telpé.On met un drap blanc puis le drap mortuaire noir sur le cercueil.

Parfois, On fait une cérémonie pour enlever l'alliance-le tarli-qu'elle porte autour du cou : mari et femme se voient comme pour le mariage dotés d'un collier de fleurs et "échangent" à nouveau leur collier.

On fait le "divartenin", le cercueil est dans la cour. On place des feuilles de bananier en forme d'autel sur lesquels on pose bananes, encens... On casse un coco puis on brûle de l'encens et du camphre. On enduit ensuite des baguettes de bois de lait ou de manioc de beurre clarifié ou d'huile de coco.On fait 3 fois le tour du cercueil et on se prosterne devant le mort.Les baguettes sont ensuite déposées dans le cercueil.

On attend l'heure propice pour le départ : déterminée par l'officiant. Avant le cortège se faisait derrière un brancard. Tout au long du chemin on sème du riz mélangé à du safran et des pièces de monnaie sous le cercueil.

A la porte du cimetière,on dispose un morceau de tissu blanc avec dessus du riz, de l'argent, coco,bananes,bétel,et on allume une lampe en citant le nom du défunt. Cette offrande est pour le gardien du cimetière.

On fait tourner le mort 3 fois puis rentrer le cercueil. On jette fleurs ou safran par 3 fois.

Parfois on fait le rituel du poulet : on envoie dans la fosse un jeune poulet dont on a coupé les ongles. Au fur et à mesure que l'on remplit la fosse de terre, la volaille remonte.Discrètement le gardien la ramassera.Ce rituel est particulièrement fait le Vendredi, considéré comme un jour néfaste.

En rentrant chez soi, on se lave mains, visage et pieds. On regarde la lampe restée allumée dans le salon et on se met de la cendre sur le front.

Au retour du cimetière, les parents du mort n'ayant rien mangé, on prépare lentilles, bouillon de feuilles mouroungue et du bouillon larson.

Le lendemain de l'inhumation

Les hommes vont au cimetière pour répandre du lait sur la tombe. On demande à Dieu de recueillir l'âme du défunt en allumant encens et camphre et en offrant de la nourriture pour le mort (gâteaux, pommes...)

8 jours après...

Après avoir "fait karem", on fait tremper dans de l'eau 3 variétés de légumes secs, on les pile et on les mélange avec 3 qualités d'huile.On se passe ces mélanges dans les cheveux.

16 jours-ou 40 jours- après

On fai le "karlmadi" pour que l'âme monte au ciel. On coupe les cheveux et la barbe du fils ainé

40 jours après

La veuve a enfin le droit d'aller au cimetière car l'âme est montée au ciel

1 an et 1 jour après puis chaque année : "samblani"

Durant cette période et depuis le décès,on ne va pas danser ni participer à des cérémonies religieuses malbars. On ne peut en principe se marier. La durée de respect du deuil varie selon le degré de parenté

NB Même valeur symbolique que la messe catholique faite pour le repos de l'âme du défunt.




1.Posté par ninsingen saminaden le 13/08/2016 21:17
toutes les religions ont leur propre rites....cela fait partie de la vie...

2.Posté par Anonyme le 16/08/2016 09:43
Bonjour. Peut-on avoir quelques précisions au sujet de la durée du deuil par rapport au degré de parenté?

3.Posté par Facebookeur le 01/11/2016 09:45
Bonjour qu'elle est votre source concernant les details sur les 1 ans et 1 jour? Car de sources sûre ce n'est absolument pas comme cela, ce que vous décrivez est typiquement locale.
Selon la religion et les saintes écritures après le 16ème jour et avoir effectué les rituels on peut reprendre notre vie spirituelle normalement et aux 1 ans on fait le "moksha dipam" (lampe de libération) pour l'âme du défunt.

Après chacun pratique comme bon lui semble...

4.Posté par Thierry le 01/11/2016 12:11
J'aimerais bien connaître les références de ces "Saintes écritures" trop facile ...!!

5.Posté par FACEBOOKEUR le 01/11/2016 12:36
Copié-coller tout droit sortie de ma boîte mail quand j'ai questionné le swamji sur ce sujet

1- Bonjour !

Je vous remercie pour votre courriel et surtout pour le questionnement.
En effet, il y a des règles qui sont applicables quand on suit une religion telle que l'hindouisme - qui n'est pas qu'une religion !

Il faut faire la différence entre certaines traditions en Inde et celles qui sont plus locales. En Inde, jusqu'à récemment, toute la famille vit sous le même toît, donc quand un évènement suivient, toute la famille est concernée. L'Inde est aussi concernée par le système de castes, pas nous les Réunionnais.
A la Réunion, la famille se subdivise en plusieurs branches au fur et à mesure des mariages ou les unions libres.

En ce qui concerne le deuil, il faut savoir que selon la tradition, il y a une période d'impureté rituelle après une naissance ou un décès. Cette impureté disparaît au fur et à mesure que l'on accomplit certains actes rituels qui portent aussi le nom de karma.

A la Réunion, pendant les deux premières semaines après un décès, il y a, au niveau familial, des rites obligatoires à accomplir afin de payer ses dettes morales envers le défunt. Ces dettes se terminent par le karoumadi (kalmadi) mais surtout par le cérémonie du moksha dîpam (la lampe de la libération). Contrairement à ce que certains avancent, ce n'est pas l'âme qui est libérée par le moksha dîpam mais ce sont les membres de la famille qui sont libérés des rites obligatoires. Il ne reste ensuite que des rites de mémoire tel le sambrâni.

Voilà donc ma vision. Les rites évoluent selon les époques et les lieux. A nous de bien comprendre l'esprit des rites afin de mieux les appliquer.

Cordialement,
Swamiji

2 - Bonjour,

A la Réunion, c'est au bout de 16 jours que l'on fait, en général, le karoumadi suivi du moksha dîpam. Une fois libéré des rites obligatoires - donc après le moksha dîpam - on peut reprendre le cours normal de la vie (aller au temple, marcher sur le feu, kâvadi, etc.)
Mais souvent les croyances sont si puissantes que les gens qui ne suivent pas la tradition orale et sociale sont influencés négativement. Ajouté à cela l'effet peur : "si tu ne fais pas comme ceci ou comme cela, tu auras des problèmes, etc.", les fidèles se renferment dans un cycle d'ignorance et de peur. Dommage ! Mais l'hindouisme est aussi souple que le yoga et les règles évoluent avec le temps et le lieu.

En ce moment, je suis très occupé avec les cérémonies de la Mahâ Shivarâtrî à l'Ashram. Mieux vaut me recontacter la semaine prochaine pour un rendez-vous.

A bientôt,
Swamiji

Après si vous vous estimez mieux connaitre la religion et les saintes écritures que lui ... libre à vous maintenant de faire votre opinion sur le sujet.

6.Posté par Greg le 30/10/2018 20:41
Bonjour,

Il y a-t-il une raison pour que samblani (sambrani) désigne à la fois le rituel annuel d'offrandes aux défunts et l'encens utilisé lors des cérémonies ? Si oui laquelle ?
Merci d'avance

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