LES MARIAGE D'ENFANTS EN INDE


Le jour de la fête d’Akha Teej, des centaines de mariages sont célébrés à travers l’Inde. Ce jour correspond à la naissance de la sixième incarnation de Vishnu, Parasuram et apporte la promesse de chance et de réussite. Cependant, ce ne sont pas des mariages d’adultes qui sont célébrés aujourd’hui mais des mariages d’enfants.


Selon le rapport de l’Unicef « Situation des enfants dans le monde 2007 », 46% des jeunes indiennes sont mariées avant 18 ans. En 1993, au Rajasthan, 56% d’entre elles étaient mariées avant 15 ans et 17% avant 10 ans. Cette coutume est pourtant interdite depuis 1929 par le "Child Marriage Restraint Act". Le mariage est autorisé pour les filles de plus de 18 ans et les garçons de 21 ans. 

En tant qu’occidentaux, cette pratique nous semble barbare. Tentons de comprendre les sens et l’origine des mariages d’enfants

Un proverbe hindi dit « chhota chhora dahej kam mangta », plus jeune est le marié, plus faible sera la dot. La dot symbolise l’honneur de la famille de la mariée et sa loyauté envers les dieux. Malgré son interdiction depuis 1961, elle est pourtant toujours exigée par la belle-famille. Marier sa fille revient alors pour la plupart des familles à contracter des dettes importantes et à supporter son coût jusqu'à ses 18 ans. 

La pauvreté est donc l’explication majeure à l’origine des mariages d’enfants. C’est pourquoi cette pratique est beaucoup plus fréquente en milieu rural où le niveau de vie est beaucoup moins élevé qu’en ville.

Les conséquences d’un mariage précoce sont terribles pour ces enfants, notamment pour les jeunes mariées. Même si elles restent dans leur famille jusqu’à leur puberté, elles doivent supporter par la suite des grossesses alors que leur corps n’y est pas adapté. L’Unicef estime que les jeunes filles de moins de 15 ans ont cinq fois plus de chances de mourir en couches que les femmes d’une vingtaine d’années. 

La mortalité infantile est, elle aussi, très élevée. Les enfants des femmes de moins de 18 ans ont 60% de risques en plus de mourir dans leur première année par rapport aux enfants de femmes de plus de 19 ans. Le mariage signifie aussi pour ces jeunes filles la fin de leur éducation.

On peut s’étonner que cette pratique soit autant répandue malgré la législation de 1929. Il faut savoir que les sanctions encourues par les contrevenants sont très faibles. Les parents ne risquent que trois mois de prison seulement. 

Le gouvernement indien veut donc renforcer la loi. Le National Plan of Action for Children 2005, édité par le département of Women and Child Development of India a pour objectif d’éliminer cette pratique d’ici 2010. Il prévoit des sanctions plus lourdes, l’enregistrement systématique des mariages et la mise en place d’inspecteurs "anti – mariage d’enfants". Dans les états du Gujarat, du Rajasthan, du Kartataka, de l’Imachal Pradesh et du Maharashtra, l’enregistrement des mariages afin de les valider est déjà obligatoire. 

Depuis 10 ans, le gouvernement du Rajasthan a mis en place un programme pour protéger les jeunes filles de mariages précoces. Un compte épargne sur lequel sont déposées 25 000 roupies (370 euros) est ouvert à leur nom. La somme leur est versée à leur majorité, si elles sont restées célibataires. Malheureusement, elle sert souvent de dot pour la jeune fille. 

De nombreuses ONG tentent aujourd’hui d’aider ces femmes victimes de mariages précoces. Elles leurs permettent de poursuivre leur éducation, de s’initier à la santé et de connaître leur statut et leurs droits au sein de la société indienne. 



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