L’histoire du Taj Mahal


Il était une fois... En 1631, entre Bombay et Delhi, la capitale Agra, dirigée par la puissante dynastie des Mogholes. Le cinquième empereur, Shah Jahan fut lors d’un bal conquis par la beauté éclatante d’une jeune fille, celle du premier ministre Arjumand. Elle était âgée alors de quinze ans. Et quelques années plus tard, le souverain put enfin épouser celle qu’il aimait.


La cérémonie fut grandiose car les plaisirs raffinés étaient le privilège et l’honneur des empereurs mogholes. Les souverains étaient vêtus de longues robes brodées d’or roulées sur soie, et les musiciens et les acrobates jouèrent jusqu’à tard dans la nuit. Le Sultan, voulant honorer l’élue de son cœur, lui témoigna son estime en la rebaptisant Mumtaz Mahâl qui signifie l’Elue du Palais. Dès lors, les souverains étaient inséparables. 
Mais en 1631, Mumtaz succomba en donnant la vie à leur quatorzième enfant. On dit alors que le veuf, fou de chagrin, s’enferma huit jours dans ses chambres, ne faisant aucune apparition publique. Lorsqu’il en ressortit, sa barbe et ses cheveux avaient blanchis. Cette affliction plongea Jahan et son empire dans un deuil profond qui dura deux années, pendant lesquelles toutes les festivités furent annulées et où aucune musique n’émana du royaume.

Taj Mahâl, fantasmagorie de l’être aimé C’est ainsi que lui vint l’idée d’immortaliser son amour dans une fondation gigantesque qui accueillerait la dépouille de sa bien-aimée. C’est la douleur de Jahan qui servit de base aux fondations de ce qu’allait devenir le Taj Mahâl. Il convoqua l’architecte perse le plus célèbre, Usad Ahmad de Lahore, fit assassiné sa femme, pour qu’il puisse ressentir la peine de cette perte et la projeter dans l’édifice. Grande est sa peine, sublime est son chef-d’œuvre. La blancheur éblouissante du marbre témoigne de son amour intarissable et pur. Au centre de ses jardins d’Eden, trône sur une plate-forme de grès rouge le mausolée. A l’intérieur deux sections de huit pièces octogonales entourent une pièce principale octogonale ; c’est là que se trouve le corps la souveraine. Ce tombeau de soie est entouré de quatre minarets tournés vers l’extérieur, au cas où des tremblements de terre surgiraient, la tour s’écroulerait à l’opposé de l’emplacement du tombeau. Les sujets peints qui s’étalent à l’infini sur le marbre blanc sont des motifs floraux. Ils saluent et honorent la beauté de la reine immortelle comme le sont ces fresques. A l’Ouest du mausolée se dresse une mosquée, où les fidèles venaient prier les défunts. Le Sultan y venait murmurer ses complaintes.

Il avait choisi de bâtir le Taj dans Agra, de sorte qu’il ait pu le voir de son palais personnel au fort d’Agra, dont la vue est grandiose. Il avait aussi l’intention de se faire enterrer dans un mausolée jumeau bâti de granite noir. 
Mais ses rêves romantiques furent brisés par son fils, Aurangzeb, qui pour le destituer du trône, l’enferma huit années entre les murs du fort. Le Sultan, n’avait alors pour seule consolation la vision du Taj, reflet de sa bien-aimé. Qu’un homme idolâtra à ce point sa femme, même dans la mort, est le schéma type d’un conte sheakspearien. Le poète Rabindranath Tagore métaphore d’ailleurs la position du Taj Mahâl culminant au bord du Yamuna : " il s’élevait, semblable à une larme posée sur la joue du Temps."

8ème Merveille du Monde Bien que le Taj Mahâl ne soit pas considéré comme tel, il est tout à fait plausible de l’envisager. La décoration du Taj Mahâl se compose de différents arts d’ornementation et illustre bien la richesse de l’empire Moghol. La construction dura une vingtaine d’années et nécessita le travail de 20 000 personnes présentes sur le chantier, et plu de 1 000 éléphants, buffles et chameaux furent employés pour transporter les divers matériaux. Les gemmes précieuses ont été issues de plusieurs pays : le marbre blanc a été extrait du Rajasthan, le Jaspe vient du Penjab, le Jade a été rapporté de Chine, le corail de la Mer Rouge, la malachite et la turquoise du Tibet, l’agathe du Yemen, le cristal de roche de l’Himalaya, le lapislazuli du Sri Lanka... 28 types de pierres précieuses et semi-précieuses ont été utilisées. La façon de placer des gemmes précieuses dans du marbre est l’art du Pietra Dura, technique de travail de marqueterie, d’origine italienne et pourtant, technique parfaitement maîtrisée des hindous. La particularité de la matière dominante fait bien évidemment toute l’originalité du monument. En effet, le marbre blanc, celui de Makrana, capte la lumière et varie de tonalité, en fonction de ses variations des différents moments de la journée. Le dôme, symbole de la voûte céleste, est le couronnement du monument. Son doux arrondi en forme de poire souligne cette colossale architecture. La rigueur géométrique de la conception des jardins permet d’obtenir du Taj Mahâl une vue claire et dégagée dans n’importe quelle partie du parc. Les jardins s’étendent sur dix-sept hectares où le Taj Mahâl, comme la plupart des mausolées mogholes, se tient au Nord, juste au dessous du fleuve. Le charbah (les quatre jardins) est partagé en quatre parties égales, où les pavés sont recouverts de fleurs de seize, et au centre, le célèbre réservoir, où l’eau a été tirée du fleuve, dans lequel se reflète parfaitement le Taj Mahâl. Tout a été mis en œuvre pour que le mausolée apparaisse clairement de n’importe quelle partie des jardins. Les fontaines et les cyprès sont agenouillés solennellement au pied du Taj. Et chose incroyable, l’édifice est totalement symétrique par rapport au tombeau de la reine, qui fut rejointe quelques années plus tard par son mari. On dit que "Le Taj Mahâl a été construit par des titans, décoré par des bijoutiers. "

Etonnant mariage des cultures perses et indiennes " Loin de nous, dans le rêve et dans le temps, l’Inde appartient à l’Ancien Orient de notre âme ". André Malraux. Les musulmans conquirent l’Inde en 1526 et c’est sous le règne de l’empereur Akbar que la domination moghole est à son apogée. Son petit-fils, le prince Khurram, n’est autre que Shah Jahan, qui, lorsqu’il monta sur le trône, s’attribua ce nom, signifiant littéralement, Roi du Monde. Preuve de sa magnificence et de son pouvoir. Ainsi, la conception du Taj reflète un art nouveau, fusion des influences perses et des traditions indiennes, c’est le nouveau style, indo-islamique. L’influence islamique se ressent dans les arcs en ogive, dans la décoration, et surtout se révèle par les inscriptions calligraphiques que l’on retrouve essentiellement sur le bâtiment principal et tout autour de la tombe de la souveraine, avec le nom d’Allah. Le jardin charbah, est aussi l’exemple le plus probant car, en effet, chez les musulmans, le chiffre quatre est le chiffre le plus saint, et la plupart des agencements, sont conçus sur des multiples de quatre. Quant à la conception du jardin, basée sur des structures géométriques, elle est typiquement perse. Et les oiseaux qui se disputent les branches des arbres fruitiers ou des arbres à fleurs ont été importés de Perse. La fleur, reproduite à l’infini sur le marbre, symbolise dans la culture islamique, le paradis et cet ornement est présent sur toutes les marqueteries. L’élévation d’une mosquée dénote aussi la présence profonde de l’âme musulmane. Mais les kiosques sur les toits révèlent de l’art hindou et leur tradition est gravé à jamais sur le Taj Mahâl, car c’est eux qui détenait le secret du savoir-faire de la sculpture de la pierre dure.

Un lieu mythique Bien que beaucoup se soient reconvertis à l’Islam, la plupart des habitants restent aujourd’hui hindous. Mais cela a peu d’importance puisque toute ambiguïté s’estompe face à la beauté de ce monument. Islamiques et Indiens sont fiers de leur patrimoine commun et viennent tous, anonymement, chanter en chœur le même hymne à l’amour, celui de Jahan et de Mumtaz.



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