L'INDE APPROUVE LA PEINE DE MORT POUR LES VIOLEURS D'ENFANTS


Le gouvernement indien vient d'approuver l'instauration de la peine de mort dans les affaires de viol sur les enfants de moins de 12 ans, en réaction à une affaire qui secoue le pays depuis plusieurs semaines.


Accusé de ne pas assez se préoccuper du sort des femmes en Inde, le gouvernement de Narendra Modi a annoncé qu'il approuvait désormais la peine de mort pour les personnes coupables de viol sur des enfants de moins de 12 ans, et des peines «plus lourdes» pour les affaires concernant les jeunes filles de moins de 16 ans. La loi indienne prévoyait déjà la peine de mort pour les assassinats «particulièrement effroyables» et pour les actes terroristes, même si les exécutions sont rares.

D'après les enquêteurs, la fille a été victime de villageois hindous locaux qui cherchaient à terrifier sa tribu musulmane, les Bakarwals, pour les forcer à quitter leur commune.

Cette décision a été prise en urgence, et dans un climat de plus en plus tendu suite au «viol de Kathua». C'est en janvier que cette affaire a débuté, avec le viol d'une fillette musulmane de huit ans, Asifa Bano. La fillette avait été enlevée, droguée, séquestrée pendant cinq jours, violée puis tuée dans l'État du Jammu-et-Cachemire, à la pointe nord de l'Inde. Au-delà du viol en lui-même, l'acte d'accusation de la police avait conclu que cet acte visait à terrifier la communauté de bergers musulmans des Bakarwals, afin de les forcer à quitter cette région en majorité hindoue. Les huit suspects incriminés, dont font partie des policiers et un gardien de temple hindou, ont depuis plaidé non coupable à l'ouverture de leur procès mi-avril. Une nouvelle audience est prévue le 28 avril.

De jeunes Indiennes ont pris part aux manifestations du 15 avril, en soutien aux victimes de viols.

Pour apaiser les tensions, le premier ministre avait déjà annoncé le 13 avril que «la justice [serait] rendue». Des déclarations attendues, après de longues semaines de mutisme, mais qui n'ont pas empêché la tenue de nouvelles manifestations. Quelques heures après l'intervention du premier ministre, un rassemblement avait été organisé à Dehli à l'appel du Parti du Congrès, dans l'opposition. Les jours suivants, plusieurs milliers d'Indiens étaient descendus dans les rues pour demander justice et alerter sur le sort des femmes en Inde. Swati Maliwal, présidente de la Commission pour les femmes de Delhi, avait, elle, commencé une grève de la faim pour demander la mise en œuvre d'une loi plus stricte concernant les personnes coupables de viol.

Swati Maliwal, présidente de la Commission pour les femmes de Delhi, avait entamé une grève de la faim pour pousser le gouvernement à durcir les condamnations contre les violeurs.

Ce n'est pas la première fois que des manifestations de cette ampleur poussent le gouvernement à réagir: dans ce pays où plus de 40.000 viols sont recensés chaque année, le Parti du Congrès avait déjà été obligé de rendre le Code pénal plus sévère pour les violeurs suite au viol de «Nirbhaya», une étudiante de Dehli, en décembre 2012.

Mais cette fois-ci, au-delà de l'affaire de viol, c'est aussi une bataille identitaire qui se joue en Inde: pour les uns, les suspects sont victimes d'une «conspiration» orchestrée pour dénigrer les hindous, pour les autres le crime n'est qu'une preuve de la persécution de la minorité musulmane. Le contexte est devenu si explosif que la Cour suprême a dû placer la famille de la fillette et son avocate sous protection policière.



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