SIGNIFICATIONS DU SACRIFICE ANIMAL À LA RÉUNION


L'hindouisme à la Réunion est la deuxième religion la plus pratiquée. Une des fortes pratiques aussi marquante la religion sur l'île est le sacrifice animal. Pourquoi le faisons-nous ? D’où cela est issu ?


Significations du sacrifice animal

Les sacrifices de boucs existent depuis très longtemps. Les Védas (Saintes Ecritures Hindoues) ou "connaissances révélées" furent confiés en premier lieu au dieu Brahma afin que celui-ci puisse accomplir une succession de tâches : créer la religion, créer les mondes, transmettre aux humains les quatre réglements des Dieux provenant de ces mêmes écrits etc... Au quatrième réglement survînt le sacrifice des boucs dans l'"Atharva Véda" dont voici des extraits au verset 9.5 " Tu es le non-né, O Bouc, tu es le marcheur du firmament. C'est par toi que les Angiras (Sages) ont connu le monde, qui est ce monde bienheureux. Puisses tu amener mille richesses. L'ensemble de toutes les richesses amène donc notre sacrifice au ciel et mène aux dieux"

"Ce sacrifice franchit les ténèbres épais et vastes et monte au ciel. Pour que tu sois l'élu d'Indra, je te fais faire le tour de l'autel pour que tu sois une généreuse donation pour les sacrifiants"
"Daignent les Dieux accomplir tout celà aux temps prescrits"

Avant l'offrande sacrificielle, les boucs sont purifiés avec de l'eau sacrée safranée, certaines personnes ornent d'un collier de fleurs (mârlei) le cou des animaux et les font ainsi faire le tour du temple pour se rendre à l'autel sacrificiel. Les boucs sont ensuite tranchés par un glaive de métal noir (kattî) sans pour autant qu'il éprouve une une douleur quelconque grâce aux nombreuses prières récitées. Cet aspect violent du sacrifice peut sembler difficile à comprendre, mais il existe une conception particulière du sacrifice animal : selon la croyance populaire, l'acte de décapitation de par son insertion dans l'acte sacrificiel acquiert un caractère sacré, car le sacrifice rend non violent ce qui serait violent en dehors de lui. Les boucs sacrifiés sont ensuite préparés en mets, avec leurs divers membres. Cinq plats seront offerts aux Dieux,puis partagés entre les fidèles lors d'un repas commun. Le sacrifice ds boucs est propitiatoire, il permet d'éloigner les cataclysmes, assure véritablement une bienveillance des Dieux ici-bas. Selon la philosophie hindoue, le sacrifice en général est le moyen qui assure la primauté du sacré dans la vie quotidienne. Les textes védiques spécifient en effet qu'il revient aux hommes de veiller à la subsistance et au bien-être des divinités quI, en récompense, envoient leur bénédiction. Il serait un moyen utilisé pour renforcer la puissance des Dieux car, si l'homme ne sacrifie pas, c'est à dire n'offre pas de nourriture aux Dieux, ceux-ci s'affaibliront et ne pourront intervenir sur terre aux moments voulus. Il existe donc une interdépendance directe entre le ciel et la terre, voire un rapport de causalité (matérielle). Le repas communautaire où les boucs sacrifiés sont transformés en nourriture sacrée pour les pénitents, constitue la dernière étape primordiale à l'obtention des faveurs demandées.

Manu 3.117 : "celui qui fait cuire de la nourriture pour lui-même ne mange que du péché. Car ce qui reste à manger du sacrifice est prescrit comme la nourriture des Parfait (des Dieux)"

Mahâbhârata III.2.58-60 : " On ne doit pas faire cuire de la nourriture pour soi-même, ni tuer du bétail pour rien (c'est à dire en dehors du sacrifice). Et l'on ne doit pas manger soi-même ce qui n'a pas été offert en sacrifice selon les prescriptions"

De nos jours, on dit que le sacrificiel est une coutume ancestrale, mais il ne s'agit pas simplement que de celà, c'est un véritable rite reconnu par les écritures sacrées, témoignant non seulement de la dévotion du sacrifiant mais ayant aussi pour but d'améliorer la vie dans les mondes. Depuis plus d'un siècle des tentatives sont faites sporadiquement pour faire revivre les sacrifices d'animaux, mais on se heurte aux interdits religieux modernes (ne pas tuer de vie animale, ne pas consommer de viande etc...) Les mentalités ont changé, les conditions économiques, politiques, sociales ayant considérablement évolués depuis plusieurs siècles; il reste néanmoins que maints brahmanes apprennent par coeur dès leur enfance, l'énorme masse de textes védiques auxquels il n'entend rien mais qu'il retient à la perfection. A la Réunion, le rituel perdure assurément, de générations en générations, il bat son plein tout au long de l'année à l'exception du mois de Pourattarsi (Septembre/Octobre) où il est strictmeent interdit pour le croynt de sacrifier toute vie animale. Cette tradition est bel et bien reconnue de tous, ancrée dans les moeurs , le rituel sacrificiel de boucs ou dit "fête Kâli", "service", fait partie intégrante des coutumes réunionnaises, d'autant plus de par l'aspect "réjouissant" qu'occasionne le repas communautaire. En effet, celui-ci réactualise le principe de solidarité, de partage, étant ouvert à qui le veut, tel un facteur de cohésion et de lien social. Cet héritage religieux reflète aussi l'un des forts traits de l'identité tamoule réunionnaise. 

Le symbolisme des boucs

Le bouc est né de la splendeur d'Agni (dieu du feu), de la puissance du prêtre il renaîtra (offrande, pratique, oeuvre, rite, invocation). 

C'est le cycle du sacrifice. Au commencement il se répartit ainsi : sa poitrine devînt la terre, son dos devînt le ciel, le milieu de son corps, l'espace, ses côtes les orients, ses deux cavités ventrales deux océans, ses deux yeux la vérité et l'ordre divin, son haleine la foi et vîray sa tête. C'est un sacrifice immense qu'est celui du bouc ! De cet acte sublime naquît également les hymnes et les mélodies.

Origine temporelle

Ce rite trouve son origine dans l'ère "Thouvarbara-yougam" cet âge équivaut à 864 000 ans, le rituel existe donc depuis 869 109 ans. Par le passé beaucoup de personnes ont mal interpêté le sens réel du rite qui fut mal accepté, cela de par l'amalgame des brahms et surtout par un manque de connaissances. En effet certains débutèrent le rite avant même qu'ils n'en découvrirent la réelle signification. Aujourd'hui, les livres sacrés (le Védas) qui explicitent parfaitement celà, sont plus accessibles à tous et permettent une compréhension plus large
 
Origine Mythologique

Lors de la guerre du Kouroukshektra, il arriva que les frères Pandavas se trouvèrent dans une phase critique malgré leurs innombrables pénitences, (tapam) et prières, ils recoururent à Srî Krishnâ qui leur conseilla d'effectuer des sacrifices en l'honneur de Srî Kâli, la déesse du temps, celle qui lance des appels vers les cieux ! Ils sacrifièrent donc des animaux à sa gloire, aussitôt après les dévas et régents des cieux vinrent leur porter secours. Ils purent ainsi triompher de leurs cousins Kauravas et mettre fin à cette guerre.

Plus tard les Pandavas sollicitèrent à nouveau Srî Krishnâ. Ils cherchaient une solution afin d'effacer leurs fautes passées de sorte d'instaurer une longue période de paix après cette terrible guerre. Srî Krishnâ leur fit part du sacrifice d'Ashwameda-Yâga, le sacrifice du cheval...

Pour ce rituel étaient présents tous les dieux et corps célestes, tels que Shiva, Brahma, Vishnou, Mourougâ, Les Navagraha dont Soûryen, Chandran, les Ahtétidivel, etc...et Krishnâ lui-même. 

La manifestation de Srî Mahâ Kâli 

Les sacrifices d'animaux sont surtout effectués à la gloiree de la déesse Kâli lquelle sst perceptible uniquement lors de ce rituel, cela à travers le sang. La déese Kâli ne se manifeste effectivement que lors d'u nsacrifice de décapitation ou Balî. C'est une déesse qui est en nous, en chaque être vivant, y compris dans les animax, le sang La représente.C'est pour ce"tte raison que la couleur rouge domine (pour ses statues, ses vêtements ..) le rouge signifiant le bonheur, la prospérité, la joie, la vie, la beauté, la splendeur ...

Celui qui se refuse à sacifier ne pourra en aucun cas La percevoir. L'acte sacrificiel consiste à retirer la déesse de l'intérieur pour la faire jaillir de l'extérieur, et faire ainsi retourner le sang à la terre; une fois cela terminé, on purifie le sol et on renferme le Kabârlam (la fosse des sacrifices). Se déroule avant la clôture du rite une procession de la statue de Srî Kâli autour du temple et de la ville.
 
La déesse du Temps

Le temps doit être en contact permanent avec le corps humain, sur la représentation de "Massanon Kâli", le Dieu Shiva est alors couché sur le sol sous les pieds de la déesse Kâli. L'un représente le monde et l'autre, le temps. Cela signifie que le temps reste avec l'homme (la vie) et elle ne retirera ses pieds qu'en temps voulu, déterminaént d'elle-même la durée de vie. Ainsi lorsque Srî Mahâ Kâli decide de soulever ses pieds, c'est le temps qui quitte le corps, la perte de vie.

Article issu de la revue SANGAM N°28 d'Août 2008 




1.Posté par KYA le 04/02/2016 10:25
Et la Bible dans tout ça ?

2.Posté par Subrahmanya le 11/09/2017 13:42
Les rituels sanglants en Inde furent, dès la plus haute antiquité, combattus par les brahmanes et leurs disciples, car l'on retrouve dans plusieurs textes sacrés hindous les versets suivants, ironisant sur la logique des pratiques d'abattages se voulant pieuses :

« Le sang des animaux tués par toi
Forme une mare de sang à tes pieds.
Si de la sorte on atteint les destinées supérieures,
Qu'est-ce donc qui conduit aux enfers ? »

3.Posté par Subrahmanya le 11/09/2017 13:44
RAMPRASAD SEN (grand dévot de Kali au Bengale), dans son poème A LA MERE DIVINE :

"Tu as amené d'innocentes chevrettes au sacrifice./ Égoïsme cruel !... Pourquoi ne pas dire : VICTOIRE A KALI !/ Et sacrifier tes passions, ennemies véritables."

4.Posté par Subrahmanya le 11/09/2017 13:45
Ramprasad Sen, le grand dévot bengali de Kali Mata (la Mère Noire), disait qu'il faut sacrifier à Kali nos passions, ennemies véritables, au lieu de détruire d'innocentes chèvres, égoïsme cruel déguisé en dévotion.

Le plus grand temple de Kali à Calcutta est totalement végétarien.

la Déesse Kali est la Mère absolue pleine de Compassion, elle décapite l'ego, l'ahamkara.

Kali enseigne la pratique du végétarisme, de la non-violence et de la générosité envers toutes les créatures, Ses enfants (car la Déesse est la Nature et nous sommes tous enfants de Mère Nature).

Vidéo (par Deepen Patel) : Qui est Kali ?, sur le lien suivant (et qui prouve que le végétarisme est ce que demande Mère Kali à ses dévots) :

https://www.youtube.com/watch?v=VnDB31O7-fg

5.Posté par Subrahmanya le 12/09/2017 21:32
Le commentaire de Vacaspati Mishra (Xème siècle), disciple d'Adi Shankaracharya, sur Samkhya-karika, 2, rejette de façon véhémente tous les rituels sanglants, qui sont contraires à l'AHIMSA, la NON-VIOLENCE, qui est le premier devoir des Arya, Nobles (Brahmane, Kshatriya, Vaïshya et Shudra ont comme premier dharma commun l'Ahimsa, la Non-violence)

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