LES  FEMMES  EN  INDE


La condition des femmes en Inde a énormément fluctué au fil de l’Histoire et connu de multiples bouleversements à partir de 1947, date de l’indépendance du pays et sous la pression d’Indira GANDHI,   première femme Premier Ministre. Mais les situations varient en fonction des castes, toujours aussi présentes, des classes sociales, des codes différents pour chaque communauté religieuse, mais aussi en fonction des différents Etats et Régions, des villes ou des campagnes.


Dans l’INDE traditionnelle, les femmes, considérées comme inférieures à l’homme, appartiennent à leur père puis à leur époux. Aujourd’hui encore, l’homme transmet le nom de la lignée à travers ses fils. Il hérite du patrimoine familial. Ses droits et ses devoirs comme prendre soin de ses parents âgés et accomplir les rites funéraires (crémation) font de lui  le chef naturel et incontesté de la famille.

La dot et les mariages arrangés :  

. Le système de la dot perdure et représente un appauvrissement pour la famille de la fille alors qu’elle constitue pour le garçon un moyen de s’enrichir. C’est une des raisons qui explique en Inde le nombre de femmes « manquantes »  ‐ 913 filles pour 1000 garçons – particulièrement dans les classes moyennes et supérieures où les couples peuvent avoir recours à l’avortement sélectif aux dépens des filles , alors que dans les campagnes et les familles pauvres, la mortalité des filles survient plutôt après la naissance.  Bien que prohibée depuis 1994, ces pratiques sont encore usitées dans certaines régions ou campagnes. Cependant, parmi les classes urbaines favorisées, les violences liées aux dots ont beaucoup régressé.

. les mariages arrangés, autre coutume qui perdure : pour l’immense majorité, hommes et femmes confondus, la structure familiale demeure une valeur essentielle. Si les gens éduqués acceptent encore les mariages arrangés, et c’est le cas de 75% des unions en Inde aujourd’hui, c’est qu’ils sont convaincus qu’ils permettent d’accomplir le projet familial dans des conditions optimales. Mais la pratique a tout de même évolué : avant les époux ne s’étaient jamais rencontrés avant la cérémonie du mariage alors qu’aujourd’hui, même si ce sont les parents qui se mobilisent pour rechercher un partenaire, généralement de la même caste, les jeunes ont le droit de se rencontrer et de prendre le temps de se connaître. On parle alors de « mariage arrangé avec amour »…

L’INDE d’aujourd’hui :

De nos jours, la condition de la femme a évolué grâce à l’accession aux plus hautes responsabilités de quelques femmes et au boom économique qu’enregistre ce continent peuplé de 1 milliard 210 millions d’individus et divisé en 27 Etats dotés chacun de son propre Parlement local et d’un Parlement central à DELHI.  En 1974, sous l’impulsion d’Indira GANDHI, le gouvernement mit en place des politiques de développement en faveur des femmes et tout un arsenal de lois pour les protéger. Un mouvement féministe très actif s’est développé vers la fin des années 70.

Actuellement :

‐ 17% des femmes sont salariés, 40% dans les grandes villes. A titre d’exemple, dans le domaine informatique, les centres d’appels,  30% du personnel est féminin.
‐ Egalité salariale entre les hommes et les femmes à poste équivalant
‐ 10% des femmes conduisent une voiture
‐ Les femmes paient moins de taxes et  d’impôts que les hommes et bénéficient de prêts à taux réduits
‐ Divorce : 11% dans le pays, 18 à 20% dans les grandes villes
‐ Droit de vote accordé aux femmes depuis 1974
‐ Loi sur les quotas de femmes dans les assemblées votée en 2010 : 33% des sièges leur sont réservés au Parlement et dans les assemblées législatives régionales
‐ Taux d’alphabétisation en hausse chez les femmes mais demeure inférieur à celui des hommes car, bien qu’ouverte à tous, les filles fréquentent l’école moins longtemps que les garçons, sauf dans certains états très avancés où là, le taux d’alphabétisation est voisin de 100% pour les femmes
‐ 1983 : une loi condamne tous les viols, y compris ceux commis entre époux, et en 1997, est votée une loi contre le harcèlement sexuel
‐ Espérance de vie : 66 ans pour les Hommes, 68 ans pour les femmes.

Mais le paradoxe en INDE réside dans l’accession de quelques femmes aux plus hautes fonctions du pays. On citera bien sûr Indira GANDHI, premier ministre pendant 16 ans, mais aussi Fatima Beevi, première femme juge à la Cour Suprême de l’Inde, ou encore MAYAWASTI, une intouchable (caste la plus basse) , élue premier ministre de l’UTTAR PADESH, Etat le plus grand et le plus peuplé de l’Inde, et en 2007, élection de Pratibha PATIL, première femme Présidente de l’Inde. Ou encore deux femmes d’affaires qui dirigent la seconde banque plus importante du pays et qui figurent sur la liste FORBES des femmes d’affaires les plus puissantes de l’Inde.  

Ces exemples montrent bien que la société indienne bouge, que la démocratie se construit et que les lois progressent même si, malheureusement, elles restent encore mal appliquées dans certaines régions car la plupart des indiens vivent encore sous le poids des traditions et des religions. Peu à peu, la croissance économique (+ 5% par an)  accélère la transformation de l’Inde et son entrée dans la modernité, mais je ne saurais achever cet exposé sans parler de l’emblème de l’Inde, le Sari.  Là où les costumes survivent comme habit de folklore ou de cérémonie, le Sari est un vêtement traditionnel vivant au quotidien. Il a résisté à toutes les modes, jeans ou tee‐shirts, il change de couleur et de motifs mais reste toujours aussi pur. Il repose sur les hanches. Sa forme se plie au corps, l’épouse en souplesse, et fait de la femme indienne une femme ravissante et élégante dans la rue, à la campagne ou à la ville. 



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